
Violette Pouzet-Roussel
Au départ, il y a le grand projet de disparition. Et les sœurs alliées : Virginia Woolf, Unica Zürn, Hélène Bessette, Pina Bausch, Alix Cléo-Roubaud, Ilka schonbein… Les inspirations stratégiques.
Rapidement, il y a l’intégration des armes basiques de disparition : préservation de l’état d’enfance, évaporation du réel et réception des mondes multiples, observation des cartographies humaines et, autant que possible, ne parler qu'à travers l'autre. Apparition d’une stratégie globale = jouer à être vrai.
Il y a d’abord le voyage, et les formations théâtrales. Engranger des savoir-faire, des énergies, des imaginaires, des points de vue et des remises en question. Vivre un théâtre qui échange, qui peuple, qui fertilise.
Plus tard, constat des obstacles. Mise à mal du grand projet. Le théâtre ennuie le monde, sans doute parce qu’il s’ennuie lui-même = identification de l’ennemi. Urgence à protéger les croyances et les intensités. La littérature contemporaine sauve et ses cow-boys inspirent. Premières lectures performées et possibilités de disparitions démultipliées.S’impose alors le renforcement de la méthode de jeu. Dans la brume, laisser parler les intuitions : les savoirs du corps répondent à la possibilité de ne pas être interprète mais bien artiste.
Nouvelles alliances, choix des directions de travail. Détermination : s’allier au théâtre organique, au théâtre de l’expérience, à un espace de travail pour l’acteur-créateur. Chercher des armes là où interviennent le corps et les sens. La pratique du butô ouvre le chantier « corps outil-matière-réceptacle-transmetteur ». La recherche sur le corps animal devient une inspiration complémentaire. Etat des lieux. Le grand projet de disparition a échoué ou plutot passe par l’être au monde.
Chercher, toujours, de nouvelles pistes pour faire surgir l’émotion. Des corps et des textes.