Acerca de

V in Vietnam
"Tout est question d'instinct viscéral. Une histoire de guerre, si elle est bien racontée, doit vous faire croire avec vos tripes."
Seul en scène
1:10
A partir de 12 ans
Qu’est-ce qu’une bonne histoire de guerre ?
Sans doute pas celle qui raconte la vérité, mais plutôt celle qui vous fait ressentir, et celle qui vous donne le sentiment très aigu que cette absurdité qui est contée est intrinsèquement liée à l’essence de la guerre, qu’elle ne peut avoir lieu qu’à son endroit, et qu’elle doit donc forcément s’y produire.
Une bonne histoire de guerre vous crochète, elle vous mord, et elle vous mord sans vous lâcher, même quand le soleil revient, et avec lui les éclaircies, les chants d’oiseaux.
Une bonne histoire de guerre ne vous laisse pas en paix.
V in Vietnam est un trip, une longue chevauchée entre les balles, la furie et l’horreur. Un trip où l’acide est musical, avec une création en duo, entre électro, rock et improvisation, au son contagieux, immersif, vénéneux et puissant. Complétée d’une voix
féminine qui enfourche la folie des hommes, à partir d’un récit que Tim O’Brien - écrivain américain -tire de son expérience personnelle de la guerre : À propos de courage (1 992).
Pour V in Vietnam le « V » polysémique – violence, victoire, vilenie, valeur, vautour, vriller – nous rappelle que le Vietnam ne s’est jamais arrêté. Ces récits nous parlent parce que nous les portons toujours, parce que nos sociétés les génèrent incessamment.
L’ auteur, Tim O’Brien
L’année du Massacre de My Lai, Tim O’Brien sert dans le 5e bataillon de la 23e division d'infanterie au Vietnam. Des années plus tard, ses romans compteront parmi les plus poignants témoignages sur la guerre.
Mais chez O’Brien, la puissance d’écriture réside justement dans le fait qu’il ne rapporte pas les faits. La guerre n’est pas décrite comme une réalité tangible mais comme une traversée intime. Pas de témoignage, donc. Seulement des vérités émotionnelles faites d’approximations, de multiples versions et mises en scène.
Un mensonge véridique peut être une histoire de guerre véritable, car une histoire de guerre ne s’attache pas aux évènements. Elle peut ne jamais être arrivée. Cette traversée fictive et nécessaire des folies du réel que O’Brien partage est une expérience de la guerre qu’aucun témoignage, fait, information ne sauront apporter sur l’histoire humaine. L’écriture n’a pas vocation à raconter mais à faire surgir la guerre comme une hallucination lucide.
En être responsables
La mise en avant des troubles de stress post-traumatiques chez les soldats va alimenter toute une littérature et une filmographie qui explorent la psyché meurtrie des soldats. Ces traumatismes trouvent un écho dans les guerres modernes et chez les soldats revenus des fronts irakiens, afghans ou syriens.
Pour V in Vietnam le « V » polysémique – violence, victoire, vilenie, valeur, vautour,
vriller – nous rappelle que le Vietnam ne s’est jamais arrêté. Ces récits nous parlent parce que nous les portons toujours, parce que nos sociétés les génèrent incessamment.
Extrait
"Cette histoire me réveille.
Dans les montagnes, ce jour-là, j’ai vu Lemon se tourner de coté. Il a ri et dit quelque chose à Rat Kiley. Puis il a esquissé un demi-pas bizarre, sortant de l’ombre et se retrouvant en plein soleil, et le chargeur piégé de 105 a explosé et l’a envoyé dans un arbre. Il y avait des morceaux suspendus partout, alors Dave Jensen et moi reçûmes l’ordre de tout nettoyer et de récupérer les morceaux. Je me souviens de l’os blanc de l’un de ses bras. Je me souviens des morceaux de peau et de quelque chose de jaune et de mouillé qui devait être les intestins. Je me souviens de Dave Jensen en train de chanter Lemon Tree tandis que nous ramassions les morceaux."